Le cerveau et la mémoire

Les différents types de mémoire en fonction du délai de maintien de l’information

La mémoire à court terme, aussi appelée "mémoire de travail", nous permet de retenir quelque chose pendant quelques secondes (une date précise ou un numéro de téléphone par exemple), alors que la mémoire à long terme est constituée des souvenirs accumulés sur des années

C’est par l’hippocampe que s’effectue le passage de la mémoire sensorielle à la mémoire à long terme.

 

L'hippocampe est une structure du cerveau qui joue un rôle central dans la mémoire. Il faut d'abord acquérir les données à "enregistrer" : c'est chaque zone spécifique du cerveau qui va s'en charger, en fonction de la nature de l'information (image, son, odeur…). L'hippocampe qui ne stocke pas les souvenirs de la mémoire à long terme est en quelque sorte un carrefour. Il dessert de nombreuses voies de signalisation vers d’autres zones du cerveau, les souvenirs sont ainsi conservés dans le cortex (lobe pariétal et temporal).

 

 

La mémoire humaine est une succession de trois étapes :

  • l’encodage (l’entrée de l’information : transformer l’information et les stimuli),
  • le stockage (maintien des informations en mémoire),
  • la récupération des souvenirs.

Les processus qui sous-tendent ces 3 étapes sont moins faciles à appréhender. L’encodage peut être intentionnel ou par incident, le stockage peut durer quelques secondes comme plusieurs années et enfin la restitution peut être consciente ou non.

C’est la capacité à restituer qui s’altère en vieillissant.

 

La méthode pathologique et le dévoilement d’une mémoire plurielle

C’est Théodule Ribot, philosophe et considéré comme le fondateur de la psychologie française (1839-1916) qui affirma, à la fin du XIXe siècle, qu’étudier les maladies de la mémoire permettrait de mieux la comprendre : la méthode pathologique présenterait ainsi un intérêt majeur pour comprendre le sujet sain. Le psychologue américain Daniel Schacter (professeur de psychologie à l’Université de Harvard), par exemple, put décrire un professeur d’histoire amnésique qui avait oublié tout ce qu’il avait fait avec ses proches, mais était encore en mesure de raconter tous les événements du XIXe siècle ; d’où la conclusion logique qu’il existe plusieurs types de mémoire.

Ainsi, si la neuropsychologie se définit comme la science étudiant le cerveau et la mémoire (et d’autres fonctions mentales), la méthode pathologique instaurée par Théodule Ribot semble bien lui correspondre complètement, ayant les mêmes finalités.

 

La neuropsychologie, une science plus large que l’emploi de la méthode pathologique

La neuropsychologie, si elle peut être définie par l’emploi d’une méthode appliquée à des maladies neurologiques dans le but d’expliquer le fonctionnement normal de la mémoire chez le sujet sain, ne s’y réduit pas.

En effet, elle a pour définition un champ beaucoup plus large que celui des maladies neurologiques, puisqu’elle se penche sur tout ce qui caractérise le cerveau, qu’il soit malade ou sain, chez l’homme comme chez l’animal.

Elle fait aussi référence à une analyse biologique et cellulaire du système nerveux cérébral. Dans le Traité de neuropsychologie clinique (B.Lechevalier, F.Eustache et F.Viader, 2008), le premier chapitre insiste sur cette difficulté à accorder à la neuropsychologie un seul domaine d’étude. En effet, elle porte en elle un double fractionnement appliqué aux structures mentales et aux structures cérébrales. Chacune des structures donne naissance à de nouveaux secteurs de recherche spécialisés (différenciation des fonctions mentales, des régions cérébrales, et étude de leurs pathologies) avec des méthodes d’investigation et des contextes théoriques qui leur sont propres.

Cependant, le traité nous donne tout de même une définition globale du champ d’étude de la neuropsychologie :

" Même si ses sources de connaissance se sont diversifiées et amplifiées, la neuropsychologie conserve un domaine d’étude irréductible : mettre en adéquation, à des fins cliniques et fondamentales, des modèles du fonctionnement cognitif et des modèles du fonctionnement cérébral ".

Ici, l’étude de la mémoire est accomplie, non seulement dans un but clinique, mais aussi avec une visée théorique.

Cette cohésion entre les différentes méthodes de travail permet de faire évoluer le cadre théorique admis par tous et d’améliorer la définition des concepts, au fur et à mesure des recherches.