Maladies de la mémoire

Mémoire et amnésies

L'amnésie (ou « syndrome amnésique » dans le vocabulaire médical) est une perte partielle ou totale de la mémoire. Elle peut être permanente ou transitoire (l'Ictus amnésique par exemple ne dure que quelques heures) et apparaît dans des contextes variés (traumatisme crânien, tumeur cérébrale, syndrome de Korsakov, etc).

Chez la plupart des patients amnésiques, certaines capacités de mémoire sont néanmoins préservées : la mémoire se dévoile alors sous plusieurs facettes qui peuvent être ou non touchées en même temps par une maladie.

De l’oubli bénin aux pathologies neurodégénératives, il existe de nombreuses maladies entraînant une altération de la mémoire.

Voici trois exemples de maladies affectant la mémoire :

  • Maladie de Creutzfeldt Jakob

Inflammation cérébrale due à une protéine infectieuse (prion). Elle est peu fréquente et d’incubation longue, de quelques mois à quelques dizaines d’années. Elle évolue rapidement vers une démence et un état grabataire.

  • Maladie de Parkinson

Maladie neurodégénérative qui se caractérise par un syndrome parkinsonien c'est-à-dire l’association d’une rareté et lenteur des mouvements, d'une hypertonie (rigidité) et d'un tremblement au repos.

  • Le syndrome de Korsakov 

Au XIXe siècle, le neuropsychiatre russe Sergei Korsakov soigne notamment des patients dont la dénutrition et la grosse consommation de vodka sont associées à plusieurs symptômes : amnésie antérograde (oubli des événements vécus après le début de la maladie), amnésie rétrograde (concernant cette fois-ci les souvenirs antérieurs à la maladie), confabulations (ou distorsions de la mémoire)…

Les observations sont précises, les troubles minutieusement décrits, et l’ensemble de ces symptômes portera le nom de « syndrome de Korsakov ».

Certaines capacités de mémoire sont malgré tout intactes chez de tels malades : c’est également ce que constate le neuropsychologue genevois Edouard Claparède, lui aussi auprès d’une patiente atteinte du syndrome de Korsakov.

Tendant la main pour saluer le médecin, la malade se pique à une épingle qu’il avait dissimulée dans sa paume. Un peu plus tard, alors qu’elle ne se souvient pas de cet épisode explicitement, elle refuse de lui tendre la main, comme si l’épingle avait laissé une trace, à son insu. Edouard Claparède souligne ainsi le contraste entre une mémoire qu’il appelle « explicite », ici perturbée, et une mémoire « implicite », préservée. Il existe en effet une mémoire implicite (mémoire non déclarative, ou procédurale, inconsciente) et une autre mémoire explicite (mémoire déclarative, ou verbale, consciente).