La peur de l’Intelligence artificielle est mauvaise conseillère

L’être humain a peur d’être asservi par ses propres créations, mais les machines ont-elles les capacités de prendre le pouvoir ?

« Tout d’abord, les gens font une erreur de syntaxe, il ne s’agit pas d’une intelligence artificielle qui serait une entité, mais de l’intelligence artificielle, une discipline scientifique, née en 1955 pour étudier l’intelligence avec les ordinateurs », précise Jean-Gabriel Ganascia. L’idée est alors de répertorier les facultés intellectuelles et de les simuler par ordinateur : la perception, la mémoire et l’apprentissage, le raisonnement, la communication et la prise de décision. Les progrès de l’informatique sont exponentiels. « C’est la discipline qui a le plus changé le monde dans les 60 dernières années ».

Les capacités de calcul, l’analyse de texte, puis le Web, les robots, la biométrie, les membres artificiels… Aujourd’hui, le grand programme européen Human Brain Project cherche à reproduire le fonctionnement du cerveau. « L’idée est de réaliser un modèle, une simplification, et non une réplique du cerveau sur une machine, précise Jean-Gabriel Ganascia. Ce serait impossible étant donné la complexité incroyable du cerveau ». Pour sa part « l’homme bionique » Elon Musk s’inquiète de l’essor de l’intelligence artificielle et propose de nous donner les moyens d’augmenter nos capacité intellectuelles et de mémoire, en nous connectant tous à un même réseau. « Cela nous fait un peu sourire : la mémoire n’est pas seulement un espace de stockage d’information, mais heureusement que ce n’est pas réaliste, sinon Elon Musk serait dans une situation de pouvoir jamais vue »

Quant aux machines qui sauraient apprendre seules, elles ont besoin d’un professeur et si elles peuvent être utiles, notamment dans la démarche diagnostique, elles ne remplaceront jamais le médecin. L’homme restera donc toujours maître de la machine, d’autant qu’elle peut être d’une fragilité déconcertante.