L’Observatoire B2V des Mémoires publie une grande enquête réalisée en partenariat avec l’IFOP

25 Octobre 2019

L’Observatoire B2V des Mémoires publie une grande enquête réalisée en partenariat avec l’IFOP

Le poids du traumatisme et ses causes dans la société française

Invités à s’exprimer pour un sondage IFOP délivré en juillet 2019*, 69% des Français déclarent qu’un traumatisme est aujourd’hui mieux pris en considération qu’il y a dix ans.

"L’invention" du trouble de stress post traumatique a été une révolution conceptuelle dans l’histoire de la psychiatrie moderne : elle a conduit à reconnaitre qu’un trouble psychique pouvait être lié à des évènements et ne pas être constitutionnel, il réhabilitait les victimes. » Jacques Dayan, pédopsychiatre

Parmi les situations les plus traumatisantes, sont citées l’agression sexuelle (56%), le décès d’un proche (50%), les situations de violence qu’elles soient physiques (45%) ou verbales (44%), l’annonce d’une maladie (27%), le burn out (22%) ou encore le divorce (14%). Pour 74% des sondés, les attentats constituent la situation traumatique collective à laquelle il leur serait le plus difficile de faire face aujourd’hui.

L’impact sur la mémoire connu

Trois quarts des répondants s’accordent à dire qu’un traumatisme psychique peut modifier la mémoire (74%). Pour les sondés, il se manifeste le plus souvent par le flashback (sensation de revivre la scène traumatique au présent) (21 %), les remémorations incontrôlées de l’événement (20 %), l’oubli d’informations en lien avec l’événement (15 %) et une difficulté à se projeter dans l’avenir (10 %).

« Les personnes interrogées ont globalement une bonne connaissance des effets sur la mémoire. Le traumatisme entraine des troubles de la mémoire diversifiés et même opposés, tels que l’hypermnésie et l’amnésie. Les oublis fréquents concernent des informations en lien avec l’événement, et non les informations sans lien avec l’événement. » Francis Eustache, président du Conseil scientifique de l’Observatoire B2V des Mémoires et neuropsychologue.

Un chemin vers la résilience

Positifs, 67% des Français pensent qu’il est possible de retrouver un équilibre personnel durable après un traumatisme. Les moyens évoqués permettant de retrouver cet équilibre sont le soutien des proches (81% ),  le soutien psychologique par un professionnel (81%) ou celui d’une association de victimes (47%).

« L’idée que parler, échanger, être consolé, participe à un étayage et à une résilience est maintenant bien, connue et admise. » Catherine Thomas-Antérion, neurologue, membre du Conseil scientifique de l’Observatoire B2V des Mémoires.

« En synthèse, le sondage nous apprend que les Français ont une bonne connaissance du concept de traumatisme psychique et de ses conséquences, notamment sur la mémoire. Celle-ci n’est d’ailleurs pas perçue comme figée, mais au contraire très évolutive au plan individuel comme collectif, ce qui s’accorde avec les connaissances scientifiques actuelles. » Francis Eustache, président du Conseil scientifique de l’Observatoire B2V des Mémoires et neuropsychologue.

*Enquête ifop pour l’Observatoire b2v des mémoires réalisée en juillet 2019 auprès d’un échantillon de 1508 personnes représentatives de la population française âgée de 18 ans et plus. La représentativité de l’échantillon a été assurée par la méthode des quotas (sexe, âge, profession de la personne interrogée) après stratification par région et catégorie d’agglomération. Les interviews ont été réalisées par questionnaire auto-administré en ligne du 2 au 5 juillet 2019.

Télécharger les résultats du sondage IFOP dans leur intégralité

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