L'apprentissage

Les apprentissages sont de natures multiples : apprentissages verbaux, procéduraux, cognitifs ou encore moteurs (comme faire du vélo). Quels mécanismes de notre mémoire nous permettent d'acquérir ces apprentissages ? Quels sont les conditions favorables à l'apprentissage ? Pouvons-nous améliorer nos capacités d'apprentissage ?

Image
enfant apprenant à écrire

Le point de vue de l'expert

Extrait de l'entretien avec Laurence Taconnat, Professeur des Universités (Université François-Rabelais de Tours), Directrice adjointe du Centre de Recherches sur la Cognition et l’Apprentissage.

Quelles sont les différences entre les apprentissages verbaux et procéduraux ?

Ces deux grands types d’apprentissages ne se réalisent pas de la même façon, et n’ont pas les mêmes bases cérébrales. En effet, l’apprentissage verbal conduisant au « savoir » et au « savoir que », dépendant fortement du langage, est largement sous-tendu par l’hippocampe, associé à la mémoire à long terme. La récupération de l’information verbale est la plupart du temps volontaire et consciente.

Au contraire, les apprentissages procéduraux, qui aboutissent à des « savoir-faire », et des « savoir comment » et se manifestent la plupart du temps dans l’action, ont des bases cérébrales multiples, impliquant notamment les systèmes sensoriels et moteurs. Une fois les procédures acquises par le biais de nombreuses répétitions, leur récupération ne nécessite pas de recherche consciente en mémoire.

https://www.youtube.com/watch?v=5QY8OIt-Alo

Vos préférences de cookies empêchent l'accès aux vidéos provenant de YouTube.

Existe-t-il un contexte favorable au développement des capacités d’apprentissage ?

En dehors des effets bien connus du sommeil, d’une alimentation variée et de bonne qualité, ou de la stimulation cognitive (qui favorise surtout le langage), des études ont montré que les soins affectueux prodigués aux jeunes enfants amélioraient leurs capacités de mémoire, ainsi que la maturation du cerveau, et plus particulièrement des hippocampes. L’explication de ce phénomène serait que de nombreux témoignages d’affection réduiraient le stress qui lui, a un effet délétère sur les neurones impliqués dans la mémoire.

Dans le cadre de la scolarité, d’après Stanislas Dehaene, psychologue et neuroscientifique, quatre « piliers » fondamentaux sous-tendraient un apprentissage optimal : l’attention, l’engagement actif, le retour d’information et la consolidation. Finie la répétition intempestive. Une étude a montré que pour apprendre de nouvelles informations (une leçon par exemple), il était beaucoup plus efficace d’alterner révision et test de ses connaissances plutôt que de la réviser de nombreuses fois et de ne se tester qu’à la fin. De cette façon, le nombre de révisions nécessaires à la maîtrise de la leçon pourraient être divisé par deux : le « cerveau actif » est en effet plus efficace que le « cerveau passif ». Il est important de noter que l’efficacité des apprentissages actifs n’est pas valable que pour les enfants, mais perdure tout au long de la vie.

Les capacités d’apprentissage diminuent-elles avec l’avancée en âge ?

Les travaux réalisés dans le domaine de la mémoire et des apprentissages ont montré que les capacités de la mémoire verbale diminuaient après 60/65 ans environ. Cela vaut surtout pour un système de mémoire particulier : la mémoire épisodique. Cette mémoire des souvenirs associe les informations à leur contexte d’acquisition, et permet les voyages mentaux dans le temps. Un certain nombre de facteurs permet cependant de ralentir les effets de l’âge sur cette mémoire.

Ainsi, le niveau d’éducation formelle, la pratique d’activités physiques, la participation à des activités de loisir, le fait de faire partie d’un large réseau social, etc. sont autant de possibilités de différer le déclin cognitif inhérent au vieillissement. En revanche, la mémoire procédurale ne subit pas les effets du vieillissement, même si l’acquisition de nouvelles procédures peut être plus lente. L’apprentissage est donc toujours possible jusque dans le grand âge.

A lire aussi

L'intégralité de l'entretien avec Laurence Taconnat, Professeur des Universités (Université François-Rabelais de Tours), Directrice adjointe du Centre de Recherches sur la Cognition et l’Apprentissage.