Mémoire et musique

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jeune fille jouant de la musique

Les liens entre cerveau et musique

Francis Eustache, neuropsychologue.

Les liens entre musique et cerveau ont d’abord été mis en évidence, comme beaucoup d’autres domaines de la neuropsychologie, dans l’étude de patients atteints de lésions cérébrales et qui manifestaient une perte de certaines compétences musicales, appelées amusies.

L’imagerie cérébrale est venue compléter ces premières découvertes dès la fin des années 1990, d’abord dans des études dites d’activation, où les chercheurs proposaient des tâches spécifiques à des participants pour visualiser les régions cérébrales spécialisées dans différents processus musicaux. En 1997, Hervé Platel, professeur de neuropsychologie à l'université de Caen1, en collaboration avec une équipe londonienne, a identifié les réseaux cérébraux spécialisés dans différentes composantes de la perception musicale comme la perception de la hauteur, du rythme, du timbre…

Progressivement, ce domaine est devenu une thématique de recherche à part entière, y compris dans le domaine clinique.

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Musique et mémoire

 

 

Ainsi, des amusies congénitales ont été décrites, caractérisées par des altérations corticales2 documentées par différentes études d’imagerie cérébrale.

Plus récemment, plusieurs travaux ont montré que le fait d’acquérir des compétences musicales a des effets sur les structures cérébrales impliquées dans la mémoire, comme les hippocampes et sur la connectivité entre différentes zones du cerveau. La musique a donc un effet positif sur la « réserve cognitive », capital que l’on crée tout au long de la vie et qui permet de mieux résister au vieillissement cérébral. L’exemple le plus démonstratif est la maladie d’Alzheimer où des compétences musicales peuvent être longtemps maintenues, favorisant les activités sociales des patients.

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La réserve cérébrale et cognitive

Minute Mémoire - Mémoire et musique

https://www.youtube.com/watch?v=-WjWU70XfyI

Notes

UMRS 1077 Inserm-EPHE-UNICAEN U.F.R. de Psychologie
Des altérations corticales ont été décrites chez les patients atteints de bronchopneumopathie chronique obstructive (BPCO). Ces patients présentent une sous-activation des aires motrices lors de la production volontaire de force [1] pouvant expliquer une partie de la faiblesse musculaire observée dans cette population.