Mémoire et sommeil

Il existe un lien très étroit entre le sommeil et la mémoire. En amont, le sommeil prépare le cerveau à apprendre, à encoder de nouvelles informations. Ultérieurement, il va consolider ces apprentissages en une mémoire stable et durable.

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homme en train de dormir

Les différentes phases de sommeil

Au cours d'un sommeil nocturne, le cerveau traverse en moyenne cinq cycles de 90 minutes comprenant chacun le sommeil léger puis le sommeil profond puis le sommeil paradoxal avec une prépondérance des sommeils léger et paradoxal en fin de nuit. Ce sommeil prépare le cerveau à encoder de nouvelles informations et consolide les mémoires déjà encodées. Le sommeil profond du début de nuit a deux fonctions essentielles : préparer les circuits cérébraux à de nouveaux encodages et assurer la consolidation active (renforcement et restructuration) de la mémoire déclarative (épisodique et sémantique). Le sommeil paradoxal, plus tardif, a pour fonction principale de consolider la mémoire procédurale (habiletés motrices et perceptives) et, en partie au moins, la mémoire émotionnelle.

Manque de sommeil ou sommeil de mauvaise qualité

Un sommeil nocturne de durée et/ou de qualité insuffisante compromet à la fois la formation (encodage) et la consolidation de la mémoire. Chez les enfants, les étudiants, les personnes âgées ou les patients souffrant de troubles du sommeil, il est donc important [d’essayer] d’y remédier. Pour, en somme, échapper à la double peine !

Au cours d'un sommeil de 8 heures, le cerveau traverse plusieurs cycles de 90 minutes constitués chacun du sommeil léger, du sommeil profond puis du sommeil paradoxal. Des perturbations de la régularité de ces cycles ont des répercutions négatives sur les différentes formes de mémoire. Une réduction de la durée et de la qualité du sommeil profond, sans modification du temps de sommeil total, entraîne un déficit de mémoire déclarative. 

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sieste

Les bénéfices de la sieste

Si le manque de sommeil a des conséquences sur l'apprentissage, la sieste a plusieurs bénéfices ! En effet, de courtes siestes semblent suffisantes d’une part pour redynamiser la capacité à apprendre qui se détériore avec le manque de sommeil et d’autre part pour consolider ce qui vient d’être appris.

Voir les liens entre sommeil et apprentissage

Sommeil et vieillissement

La durée totale du sommeil et de chacun de ses stades évolue au cours de la vie. Des relations entre cette évolution et celle de la mémoire ont été avancées, notamment au cours du vieillissement.

Parallèlement au déclin modéré de la mémoire des évènements récents, le vieillissement s’accompagne d’une réduction de la durée et de la qualité du sommeil profond. On a identifié une petite région cérébrale dont l’atrophie serait directement responsable de cette réduction dont l’une des conséquences est d’affaiblir la consolidation de la mémoire déclarative. Les troubles du sommeil liés à l’âge pourraient aussi exacerber les dégénérescences cérébrales de la maladie d’Alzheimer qui conduisent à des troubles très sévères de la mémoire.