Les facteurs de prévention

La perte de la mémoire n’est pas inéluctable. Ce sont les changements dans la manière dont fonctionne notre mémoire qui sont eux inéluctables. Afin de prévenir les effets du vieillissement sur notre mémoire, il faut intégrer à son hygiène de vie les facteurs de prévention ci-dessous.

Les troubles de mémoire sont devenus depuis quelques décennies un enjeu de santé publique, au fort impact économique, sociétal, familial et social. Ils font aujourd’hui l’objet de recherches sans précédent. Étonnement, le concept de prévention appliqué aux troubles de mémoire est récent. Longtemps, les troubles de la mémoire associés au vieillissement et à la survenue des maladies neurodégénératives ont en effet été considérées comme une fatalité, à l’évolution inéluctable. On sait aujourd’hui que la perte de la mémoire n’est pas inéluctable. Ce sont les changements dans la manière dont fonctionne notre mémoire qui sont eux inéluctables. Afin de prévenir les effets du vieillissement sur notre mémoire, il faut intégrer à son hygiène de vie les facteurs de prévention ci-dessous.

Maintenir le lien social

Les liens sociaux sont à concevoir comme une source de stimulation intellectuelle à part entière. Chez l’animal, il a été montré depuis longtemps que des animaux élevés avec des congénères ont un développement cérébral plus important en termes de nombre de neurones ou de connexions synaptiques par exemple, que des animaux élevés seuls. Il en va de même chez l’homme. Planifier une sortie au cinéma avec des amis, ou un repas chez soi, sont autant d’activités qui vont solliciter fortement les capacités de planification, les capacités langagières et différents types de mémoire (à court terme, à long terme, ou prospective) sans oublier le plus important, le fait qu’elles sont sources de détente et de plaisir.

Les nouvelles technologies au service du lien social

https://youtu.be/avJusrWZhwU

Pratiquer régulièrement une activité physique

Différentes études ont montré que la pratique régulière d’une activité physique est associée à un moindre déclin des troubles de la mémoire, et il est recommandé pour cette raison, mais aussi en prévention de problèmes cardio-vasculaires, de pratiquer régulièrement une activité physique "oxygènante" comme la marche, la course ou le cyclisme. Selon certaines études, les bénéfices pour les fonctions cognitives et la mémoire seraient d’autant plus importants pour les personnes sédentaires qui se mettent à pratiquer une activité physique.

Il n’y a pas d’âge pour la prévention

La prévention doit se concevoir tout au long de la vie. Le vieillissement est un processus qui démarre dès la naissance, cela peut sembler humoristique mais c’est pourtant vrai. En tous les cas, il ne démarre certainement pas à partir à de 60-65 ans, âge arbitraire que l’on utilise très souvent car il représente l’arrêt de la vie active, professionnelle. Il serait simpliste d’imaginer que la prévention ne concerne que cette période de la vie.

Surveiller son alimentation

L'alimentation contribue au maintien de la mémoire. Une étude à Bordeaux notamment a montré que les personnes qui avaient un régime alimentaire « méditerranéen » c’est-à-dire une alimentation riche en huile d’olive, poisson, fruits et légumes et pauvre en viande et produits laitiers – soit d’un point de vue nutritionnel, un régime pauvre en acides gras insaturés et riches en vitamines anti-oxydantes et en acides gras mono et polyinsaturés – présentaient un déclin des fonctions mnésiques moins important par rapport à des personnes ne suivant pas ce type de régime alimentaire. Dans tous les cas, il est essentiel d'avoir une alimentation équilibrée et variée pour rester en bonne santé.

Entretenir des activités intellectuelles et de loisirs

Toutes les activités intellectuelles participent à la préservation de la mémoire à condition qu’elles soient réalisées sans stress et qu’elles constituent une source de plaisir. Il n’a jamais été montré que s’obliger à  réaliser des sudokus permet de prévenir le déclin cognitif. En revanche, il existe de multiples études qui montrent que les personnes ayant des activités de loisirs stimulantes, comme le tricot, le jardinage, le bricolage, la lecture, ont un déclin des fonctions cognitives moins important que les personnes n’ayant pas ou peu d’activités de loisirs.

Les facteurs de prévention cités plus haut ont bien montré des effets protecteurs de déclin de la mémoire. Toutefois, il faut bien comprendre que prises de manière individuelle, ces facteurs ont un effet extrêmement modeste. Il est illusoire de penser que parce qu’on se met à manger du poisson 3 fois par semaine, on se protège définitivement de toute maladie de la mémoire. C’est leur effet cumulé qui est le plus intéressant, ce qui veut dire que c’est un mode de vie, plus qu’un comportement de prévention en particulier qui est recommandé.