La science qui réveille la mémoire des fossiles

Il y a 3,8 milliards d’années apparaissent sur Terre, les premières cellules procaryotes. Mais c’est à partir de 540 millions d’années que la vie explose en diversité et se développe jusqu’à nos jours. De ces milliards d’années ne subsistent que des fossiles, empreintes du passé qui ont permis d’identifier 160 000 espèces disparues, un simple échantillon au regard des millions d’autres qui se sont volatilisées sans laisser de trace. « Les fossiles sont rares et la fossilisation de la matière organique est encore plus exceptionnelle », commente la paléontologue, Monique Vianey-Liaud, qui décrit sa discipline comme « la science qui réveille la mémoire des fossiles ».

Ces traces du passé sont des vestiges d’organismes qui ont été piégés dans les roches sédimentaires, l’argile d’une poche karstique, la glace, l’ambre ou le phosphate. Isolés du milieu extérieur, certains sont en très bon état. Sur le site de Liaoning en Chine, par exemple, un écosystème entier vieux de 130 millions d’années a été conservé. Des centaines de spécimens ont été retrouvés : organismes aquatiques, larves d’insectes, coquillages, plantes, oiseaux, un dinosaure à plume... Autant de précieux échantillons qui permettent aux paléontologues de mener l’enquête. En les comparant aux espèces actuelles, ils parviennent à reconstituer l’allure générale, mais également parfois l’apparence extérieure, l’alimentation, le mode de déplacement, de communication d’espèces disparues depuis bien longtemps… ou les conditions de leur extinction. « Voilà 50 millions d’années, la surface de la Terre a connu une augmentation de température de 6°C en moyenne en quelques dizaines de millions d’années, provoquant la disparition faramineuse de groupes de mammifères archaïques. On voit ce que peut donner une augmentation de température rapide », glisse Monique Vianey-Liaud.