Matéo N'Diaye

Etudiant en Master 2 Nutrition Humaine et Santé, Matéo N'Diaye est notre lauréat de la bourse doctorale 2020. Découvrez son portrait, sa thèse et ses projets.

Publié le 16.03.2021
portrait
Image
mateo_ndiaye

Matéo
N'Diaye

Etudiant en Nutrition Humaine et Santé

Rencontre avec Matéo N'Diaye, lauréat 2020 de la bourse doctorale de l'Observatoire B2V des Mémoires

Pouvez-vous nous décrire votre parcours ?
J’ai effectué mes études de biologie à l’Université Paris Diderot aux côtés de professeurs de renommée internationale. En plus d’avoir forgé mon esprit scientifique, ils ont éveillé chez moi un très fort intérêt pour les neurosciences, de ses aspects les plus moléculaires, jusqu’à la cognition. J’ai alors rejoint le laboratoire du Dr. Benoît Schneider pour étudier les mécanismes de neurodégénérescence dans la maladie l’Alzheimer caractérisée par des altérations mnésiques profondes.
Par la suite, j’ai été captivé par les relations étroites entre nutrition, cerveau et mémoire et j’ai décidé de m’orienter dans cette voie. Après avoir contacté le Dr Guillaume Ferreira, qui dirige une des équipes pionnières dans ce domaine, au sein du laboratoire NutriNeuro de Bordeaux, j’ai intégré pour ma seconde année le Master Nutrition et Santé Humaine à l’Université de Bordeaux et rejoins l’équipe du Dr Ferreira pour réaliser mon stage.

Mon projet de thèse correspond parfaitement aux objectifs de l’Observatoire B2V des Mémoires. Je suis très enthousiaste à l’idée de contribuer à ce travail de création et de diffusion des connaissances.

Et si vous expliquiez votre thèse aux néophytes ?
Nos sociétés modernes ont connu un bouleversement de leur alimentation se traduisant principalement par une surconsommation d’aliments riche en lipides et en sucres. Cette alimentation est considérée comme la cause majeure de l’obésité. Cette maladie a beaucoup d’effets néfastes sur l’organisme, au niveau métabolique et cardiovasculaire, mais aussi au niveau cérébral puisque l’obésité est associée à des dysfonctionnements cognitifs chez l’Homme.
De façon similaire, la consommation d’un régime hyperlipidique chez les modèles animaux, en particulier pendant la période d’adolescence, induit chez eux des altérations de mémoire. Notre équipe a réussi à mettre en évidence l’une des causes de ces altérations mnésiques : le système endocannabinoïde. En effet l’activité de ce système neuromodulateur est dérégulée dans l’hippocampe, structure cérébrale centrale pour la mémoire.
L’objectif de ma thèse est de préciser les mécanismes neurobiologiques mis en jeu dans ces troubles mnésiques et de les distinguer selon l’âge et le sexe de l’individu. En pratique, nous tentons de corriger les déficits mnésiques de ces animaux en utilisant des techniques de pointe en neurobiologie. Grâce à celles-ci, nous sommes en mesure d’identifier et de manipuler des systèmes, des types neuronaux et/ou des gènes impliqués dans ces effets délétères des régimes obésogènes sur la mémoire.
Pourquoi ce sujet en particulier ?
Je suis fasciné par la mémoire qui procure un réel pouvoir d’adaptation et d’anticipation sur le monde extérieur. Et les capacités d’apprentissage sont spectaculaires, notamment chez l’enfant et l’adolescent. Par ailleurs, ce projet ambitieux offre de s’intéresser à des enjeux sociétaux majeurs puisqu'il est maintenant avéré que l’obésité juvénile affecte les apprentissages scolaires et il est donc nécessaire de développer des approches préventives. D’autre part, l’importance du genre est au centre des préoccupations actuelles mais a finalement était très peu étudié jusqu’ici dans le contexte des effets de l’obésité juvénile sur la mémoire.
Etre chercheur, un rêve d'enfant ou une vocation tardive ?
Je me suis orienté dans la recherche assez tardivement grâce au monde universitaire qui a profondément éclairé ma compréhension du monde du vivant, de la science et ses avancées toujours plus spectaculaires les unes que les autres, et qui a su faire de moi un jeune scientifique passionné, ayant un grande soif de découvertes.